Le document en question contient une série de propositions, certaines déjà connues, mais qui relèvent d’un appel à l’Union Européenne. L’accent est mis sur des plateformes issues de Chine, telles que Shein et Temu, où les défenseurs des consommateurs et les commerçants soulèvent des questions relatives à la sécurité des produits, à la protection des consommateurs et à des conditions de concurrence équitables.
De manière générale, les autorités européennes de surveillance des marchés et des douanes devraient bénéficier de pouvoirs renforcés et d’une coopération accrue. Il est également question de permettre aux douanes de contrôler de manière plus approfondie les importations, un enjeu qui a jusqu’ici été freiné principalement par des problèmes de capacités. En effet, selon les estimations de la Commission européenne, environ quatre milliards de colis ont été introduits dans l’Union Européenne par le biais de plateformes de commerce électronique telles que Temu et Shein l’année dernière.
De nombreux colis sont souvent mal déclarés ou sciemment fragmentés afin d’échapper aux droits de douane, ce qui pousse le plan d’action à soutenir l’abolition de la limite de 150 euros, qui facilitait jusqu’alors le processus. Les plateformes, pour leur part, contestent ces accusations.
Les plateformes doivent être tenues responsables
Il est prévu que les plateformes soient davantage tenues responsables des produits qu’elles proposent, en ce qui concerne la protection des consommateurs et les problèmes de chaînes d’approvisionnement. Précédemment, il était difficile de sanctionner les plateformes de manière efficace, mais cela devrait changer grâce à la mise en application de la loi sur les services numériques (Digital Services Act), qui fournit un cadre de sanctions adéquat.
Comme l’a déclaré le ministre fédéral de l’Économie, Robert Habeck (Verts), cette démarche vise à établir un cadre de concurrence équitable et à protéger les consommateurs contre des produits dangereux. Les normes européennes élevées doivent s’appliquer à tous, selon le ministre. Le Handelsverband Deutschland (HDE) a également salué ce plan d’action, affirmant que « le message est bien passé : les violations répétées des règles par Temu et Shein doivent cesser », a déclaré son président, Alexander von Preen.
Cependant, il reste à voir si ces déclarations d’intention seront suivies d’actions concrètes et comment cela se manifestera sous un nouveau gouvernement. Bien que le cabinet ait bien synthétisé les mesures connues, il n’y a pas encore plus de substance.
Les mesures pourraient engendrer davantage de bureaucratie
Le plan est également critiqué par les associations professionnelles pour les nouvelles règles qu’il impose aux entreprises commerciales allemandes. Un enjeu clé sera de déterminer si le gouvernement fédéral et l’Union Européenne parviendront à offrir une protection aux consommateurs et aux concurrents contre les plateformes critiquées d’Asie, sans alourdir encore plus les obligations bureaucratiques des commerçants en ligne allemands.
La popularité de Temu et Shein tient principalement à leur stratégie de tarification et d’approche ludique du shopping. Ces plateformes insistent à nouveau sur le fait qu’elles respectent toutes les normes et réglementations en vigueur.
Points à retenir
- Le nouveau plan d’action vise à renforcer la protection des consommateurs en Europe face aux plateformes de commerce électronique chinoises.
- Les autorités douanières bénéficieront de pouvoirs accrus pour mieux contrôler les importations de produits.
- Les plateformes elles-mêmes seront davantage tenues responsables en matière de conformité aux normes de sécurité et de protection des consommateurs.
En guise de réflexion, cette initiative soulève des questions importantes sur l’équilibre à trouver entre la régulation nécessaire pour protéger les consommateurs et la capacité des entreprises à s’adapter sans être écrasées par une bureaucratie supplémentaire. La discussion sur les implications réelles de ces mesures pour le marché européen et les consommateurs est plus que jamais d’actualité.
- Source article et image(s) : t3n.de


Laisser un commentaire