Aujourd’hui, l’association urgewald, en collaboration avec 10 ONG partenaires, a lancé la première Metallurgical Coal Exit List (MCEL). Cette base de données publique recense les entreprises souhaitant accroître l’exploitation de la charbon métallurgique, utilisé principalement pour la production d’acier. Pour la première fois, les acteurs de la finance disposent d’un outil exhaustif leur permettant de retirer leurs financements de ce secteur nuisible pour le climat.
Des centaines d’institutions financières se sont déjà appuyées sur la base de données Global Coal Exit List d’urgewald pour réduire leurs investissements dans le secteur du charbon destiné à l’énergie. La MCEL, en tant que base de données sœur, se concentre spécifiquement sur le charbon métallurgique, également connu sous le nom de « charbon de haut fourneau ». Elle met en lumière les sociétés qui prévoient d’ouvrir de nouvelles mines ou d’étendre celles existantes, un développement qui a des répercussions climatiques significatives. L’industrie de l’acier est responsable de 11 % des émissions mondiales de CO2.
« La finance doit se réveiller. Elle ne peut plus soutenir l’expansion inconsidérée de l’industrie du charbon métallurgique. Notre nouvelle base de données est l’outil dont elle a besoin », déclare Heffa Schücking, directrice d’urgewald.
Une vision claire sur l’expansion de la production
La MCEL recense 160 entreprises à l’échelle mondiale, ainsi que 252 projets d’expansion de la production dans 18 pays, totalisant une production prévue de 551 millions de tonnes par an. Ce chiffre représente une augmentation de 50 % de la production mondiale actuelle de charbon métallurgique.
La majorité de ces projets se concentrent en Australie, Russie et Chine, des pays clés dans l’exportation de ce type de charbon. Par exemple, le plus grand producteur japonais, Nippon Steel, détient une participation importante dans la mine de charbon de Bulga en Australie.
La nécessité d’une décarbonisation
Alors que la communauté internationale célèbre le dixième anniversaire de l’Accord de Paris, l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C semble plus difficile à atteindre que jamais. Pour faire progresser la lutte contre le changement climatique, il est essentiel d’inclure des secteurs souvent considérés comme "difficiles à décarboniser", comme celui de l’acier.
Une analyse de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) indique que les sources de production actuelles pourraient répondre à la demande de charbon métallurgique d’ici 2050, et que la production mondiale excède déjà la demande de 37 %.
Heffa Schücking souligne que : « Les avancées récentes en matière de production d’acier vert offrent une opportunité unique de transformer cette industrie et de mettre fin à sa dépendance au charbon ».
Un tournant pour la finance
L’analyse de Reclaim Finance révèle que sur les 386 grandes institutions financières, seules 16 d’entre elles appliquent des politiques de restriction pour le charbon métallurgique, tandis que 183 limitent leurs investissements dans le charbon de centrales électriques. Il est crucial que les institutions financières prennent en compte cet aveuglement et établissent de nouvelles règles d’exclusion pour le charbon métallurgique.
« Il n’y a aucune raison valable de considérer le charbon métallurgique différemment du charbon de centrale, car tous deux sont nuisibles pour le climat », conclut Cynthia Rocamora, campagneuse financière chez Reclaim Finance.
Points à retenir
- La MCEL vise à donner de la transparence à l’industrie du charbon métallurgique souvent négligée.
- L’expansion planifiée concerne principalement trois pays : Australie, Russie et Chine.
- Des technologies existent pour passer à des méthodes de production d’acier sans charbon.
- La majorité des institutions financières ciblent encore principalement le charbon de centrale, négligeant les implications du charbon métallurgique.
- La lutte contre le changement climatique nécessite une approche intégrée de tous les types de charbon.
L’initiative incarnée par la MCEL et les appels à l’action qui en découlent pourraient marquer un tournant significatif dans la manière dont le secteur financier opère à l’égard des enjeux climatiques. Plutôt que de stigmatiser le charbon, les acteurs économiques doivent redéfinir leurs priorités vers des investissements plus durables, en considérant sérieusement les culminations environnementales des combustibles fossiles dans l’ensemble de leur chaîne de valeur.
- Source image(s) : www.urgewald.org


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