Secteurs | Azerbaïdjan | Décarbonisation
Les producteurs de ciment en Azerbaïdjan cherchent à rendre leurs processus de fabrication neutres en CO2. Ils accueillent les partenariats avec des solutions et technologies innovantes.
19.02.2025
Article original rédigé par : Uwe Strohbach | Baku
La neutralité climatique devient un sujet de plus en plus central dans l’industrie du ciment en Azerbaïdjan. Pour cela, l’Association des producteurs de ciment d’Azerbaïdjan (ASİA), fondée en 2024, a adopté un plan d’actions. Ce dernier s’inscrit dans le cadre d’une initiative mondiale de décarbonisation soutenue par la Global Cement and Concrete Association (GCCA) basée à Londres.
Au cœur du programme de l’ASİA se trouve un Net Zero Accelerator qui définirait les objectifs du secteur en matière de réduction progressive des émissions de CO2. Selon Henning Sasse, président de l’ASİA, l’Azerbaïdjan est le premier pays de la région du Sud-Caucase à adopter une telle approche de décarbonisation.
Les producteurs de ciment profitent d’une reprise du secteur de la construction
Dans la région du Sud-Caucase, l’industrie du ciment en Azerbaïdjan est de loin la plus importante. Elle est considérée comme un pilier majeur de l’industrie locale des matériaux de construction. Le pays compte quatre usines capables de répondre aux besoins du secteur de la construction en matière de ciment. Ensemble, elles peuvent produire jusqu’à 5,1 millions de tonnes de ciment par an. Actuellement, la demande intérieure est d’environ 4 millions de tonnes par an, mais elle pourrait augmenter jusqu’à 5 millions de tonnes dans les années à venir.
Avec la hausse attendue de la demande des entreprises de construction locales, une réduction progressive des exportations de ciment est envisagée. L’un des principaux clients à l’international est la Géorgie. En 2024, l’Azerbaïdjan a exporté au total 850 700 tonnes de clincker de ciment, contre 874 600 tonnes l’année précédente.
Des domaines intéressants pour une coopération avec des entreprises étrangères
La réduction des émissions de CO2 lors de la production de clinker de ciment, matière de base pour différents types de ciments, doit être ralentie et optimisée rapidement. La production de clinker est l’une des principales sources d’émissions industrialisées de gaz à effet de serre au monde. Les principaux axes d’intervention concernent les technologies de fourniture d’énergie thermique, le développement de nouveaux types de ciments et des techniques de construction en béton, ainsi que le captage, l’utilisation et le stockage du CO2. Une attention particulière est également portée à l’utilisation thermique et matérielle des résidus issus du processus de cuisson du clinker et à l’optimisation des cycles de production pour une utilisation plus efficace des ressources.
Les usines de ciment en Azerbaïdjan sont ouvertes à des technologies étrangères ainsi qu’à un transfert de savoir-faire international. Holcim Azerbaijan et SOCAR Green, une filiale de la société d’énergie d’État SOCAR en Azerbaïdjan, envisagent de collaborer pour mettre en œuvre le plan d’actions du fabricant de ciment.
Dans leur accord de coopération signé fin 2024, les partenaires ont identifié plusieurs domaines d’activité : énergies renouvelables, utilisation de combustibles alternatifs, pratiques éprouvées d’économie circulaire et technologies innovantes pour le captage, l’utilisation et le stockage du CO2. L’entreprise SOCAR Green, récemment fondée en 2024, mise sur la participation des acteurs internationaux majeurs de la Green-Tech pour ses projets d’innovation et ses collaborations avec des entreprises locales.
Les quatre producteurs de ciment en Azerbaïdjan sont :
- Norm (NEQSOL Holding/Azerbaïdjan), production à Garadagh;
- Holcim Azerbaijan (Holcim Group/Suisse), Garadagh;
- Arkoz Sement, Dash Salahli;
- Reges Sement (Eight Group/Azerbaïdjan), Buyukduz (République autonome de Nakhitchevan).
Points à retenir
- La décarbonisation devient essentielle pour l’industrie du ciment en Azerbaïdjan, marquant une initiative régionale significative.
- L’augmentation de la production de ciment est prévue pour répondre à la demande locale croissante, réduisant ainsi les exportations.
- La coopération avec des partenaires étrangers axée sur l’innovation durable et le partage de technologies est envisagée pour atteindre des objectifs environnementaux.
La transition vers une production de ciment durable soulève des questions cruciales sur la manière dont les entreprises peuvent intégrer l’innovation pour répondre à des défis environnementaux pressants. À l’approche d’une utilisation accrue des technologies vertes, quels impacts cela pourrait-il avoir sur l’écosystème industriel local et sur les relations commerciales dans la région ? Il est essentiel de rester attentif à ces évolutions.
- Source image(s) : www.gtai.de


Laisser un commentaire