
Bundesbank Allemande
Lors de la conférence Frankfurt Digital Finance, Burkhard Balz, membre du conseil d’administration de la Bundesbank, a abordé le futur rôle des monnaies numériques de banque centrale (CBDC) dans le système financier européen ainsi que leur objectif prévu. Ci-dessous, une synthèse de son discours en anglais, que vous pouvez lire intégralement ici.
Article original rédigé par : Burkhard Balz, membre du conseil de la Deutsche Bundesbank
Le secteur financier fait face à une transformation inéluctable due à la numérisation. De nouvelles technologies pénètrent le domaine des paiements et des formes monétaires émergent, telles que les monnaies numériques de banque centrale (CBDC) et les stablecoins, qui se présentent comme des alternatives à la monnaie fiduciaire.
Face à ces évolutions, les banques centrales se voient confrontées à de nouveaux défis. Elles doivent continuer à garantir des flux de paiements sûrs et efficaces, tout en redéfinissant leur rôle dans un monde de plus en plus digitalisé pour maintenir la confiance du public dans notre système monétaire.
C’est pourquoi, au sein de l’Eurosystème, nous adoptons une approche proactive pour façonner activement l’avenir de l’écosystème financier numérique en Europe.
Quel est l’objectif d’un euro numérique ?
Dans une société de plus en plus numérisée, il est crucial de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs et de repenser nos services de paiement.
“Nous résumons les trois principaux objectifs d’un euro numérique par résilience, autonomie et efficacité.”
Résilience : Pour garantir une politique monétaire indépendante et efficace, il est vital de fournir l’euro sous la forme d’un moyen de paiement légal et d’une solution de paiement numérique moderne, intégrée et adaptée à la société actuelle. L’euro numérique aidera à maintenir les fonctions fondamentales de la politique monétaire et à protéger la zone euro contre la concurrence de monnaies étrangères et de stablecoins non européens.
Autonomie : La dépendance de la zone euro aux fournisseurs non européens reste préoccupante. Près de 25 ans après l’introduction de l’euro, nous manquons encore d’une solution de paiement numérique fonctionnant sur une infrastructure européenne. Cela ne semble pas compatible avec le concept de marché intérieur européen.
Efficacité : Un système de paiement paneuropéen et moderne encouragera la concurrence et l’innovation dans les paiements à travers l’Europe. Cette approche est, selon nous, la meilleure voie vers une plus grande efficacité des paiements.
Quel serait l’impact d’un euro numérique pour le citoyen ?
Je suis convaincu que l’euro numérique améliorerait les paiements et rendrait la vie des 350 millions d’habitants de la zone euro plus facile en offrant un moyen de paiement complémentaire à l’argent liquide. En tant qu’upgrade numérique des billets et pièces, il constituerait une solution de paiement tout-en-un. Il pourrait être utilisé dans presque toutes les situations de paiement quotidiennes, que ce soit dans les magasins, entre amis ou en ligne.
“De plus, il serait la première monnaie numérique utilisable aussi bien en ligne qu’hors ligne, même en cas de panne Internet, garantissant un maximum de confidentialité pour les utilisateurs, comparable à l’argent liquide.”
Il est indispensable de s’assurer que l’euro numérique respecte les normes les plus élevées en matière de protection des données, soit résilient face aux cybermenaces et n’impacte pas la stabilité financière.
CBCD de gros
Nous devons être en mesure d’effectuer des transactions numériques au moyen de nouvelles technologies, telles que la technologie de registre distribué (DLT), en utilisant de la monnaie de banque centrale. Autour de la tokenisation des titres, un écosystème est en développement, englobant tout le système financier.
L’Eurosystème a récemment achevé une phase d’exploration sur différentes technologies pour effectuer des règlements en monnaie centrale autour de transactions réelles. Les retours du marché à ce jour ont été très positifs.
Paiements entre entreprises (B2B)
En partenariat avec l’Eurosystème, la BCE a récemment focalisé ses efforts sur les paiements B2B, avec un atelier spécifique sur les innovations dans ce domaine.
Conclusion
L’initiation de l’euro numérique et l’exploration des cas d’utilisation de CBDC et de B2B dans le secteur de gros témoignent de l’engagement de l’Europe en matière d’innovation. Il est crucial de continuer à unir nos efforts pour maximiser les opportunités offertes par la numérisation et établir un écosystème financier numérique robuste et futuriste en Europe.
Points à retenir
- La numérisation dans le secteur financier est inéluctable et nécessite une adaptation des services de paiement.
- Un euro numérique pourrait renforcer la résilience de l’économie européenne, faciliter les paiements pour les citoyens et réduire la dépendance vis-à-vis des solutions étrangères.
- La technologie de registre distribué pourrait transformer les transactions en centralisant les opérations financières, augmentant ainsi leur efficacité.
Globalement, l’émergence d’un euro numérique soulève des questions fascinantes sur l’avenir de notre système financier. À l’heure où la numérisation règne en maître, il est essentiel de réfléchir aux implications d’une telle évolution, tant pour les utilisateurs que pour les infrastructures financières en Europe. Comment les États et les institutions vont-ils s’adapter à cette dynamique ? Quelles en seront les conséquences à long terme ?
- Source image(s) : www.it-finanzmagazin.de


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