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Qui suivra ses traces ?

Le fondateur du Forum économique mondial s’est retiré de la direction opérationnelle, mais son influence reste omniprésente. La grande question qui se pose est : peut-il exister un autre Klaus Schwab ?

Pour Klaus Schwab, c'est le 55e Forum économique mondial à Davos. Que va-t-il se passer après lui ?

Pour Klaus Schwab, c’est le 55e Forum économique mondial à Davos. Que va-t-il se passer après lui ?

Markus Schreiber / AP

Lorsque Klaus Schwab prendra la parole cette semaine sur la scène du centre des congrès de Davos pour accueillir les participants du Forum économique mondial, ce sera la 55e fois qu’il s’adonne à cet exercice. Cela fait 54 ans qu’en tant que jeune homme, il a organisé sa première conférence internationale de gestion dans les Grisons, alors encore nommée « European Management Symposium ».

Depuis, beaucoup de choses ont évolué. Le WEF génère aujourd’hui plus de 400 millions de francs suisses de revenus et emploie environ 1000 personnes à Genève, New York, Pékin et dans d’autres villes. Chaque année, des dirigeants d’entreprises, des politiciens et des chercheurs du monde entier se rendent à Davos et à diverses conférences régionales pour échanger des idées. Cependant, cette rencontre économique n’est que la face visible de l’organisation WEF. La fondation mène également des initiatives en faveur de l’égalité, combat les pandémies, lutte contre la pollution de l’air et promeut une utilisation responsable des nouvelles technologies, tout en publiant régulièrement des rapports de recherche.

Un retrait progressif

Le WEF et Schwab sont intrinsèquement liés : il est le fondateur et président de l’organisation, tandis que son épouse Hilde dirige la Schwab Foundation for Social Entrepreneurship. Leurs deux enfants travaillent eux aussi au sein du forum. En mars prochain, Klaus Schwab, né en 1938 à Ravensburg, fêtera ses 87 ans. Peu de gens peuvent imaginer un WEF sans lui. Pourtant, ce moment arrivera, et tous se demandent qui sera le ou la prochain(e) Klaus Schwab.

Il est évident que des discussions sur sa succession se poursuivent depuis plusieurs années. Bien qu’il ne semble pas pressé de se retirer, il a déjà pris les dispositions nécessaires pour assurer le bon fonctionnement du forum sans lui. Pour cette 55e édition, la direction opérationnelle de la conférence ne lui incombe plus. Au cours des dernières années, il a progressivement laissé des responsabilités derrière lui.

En mai dernier, le WEF a annoncé qu’il s’éloignait progressivement de sa structure de type “organisation fondée par une seule personne”. Quatre comités ont été créés à partir du conseil de fondation pour répartir les tâches : un comité d’investissement, un comité d’audit et de risque, un comité de gouvernance et de nomination, ainsi qu’un comité d’innovation et de stratégie, et un comité d’impact et d’engagement des parties prenantes. Bien qu’il soit encore président du conseil de fondation, Schwab n’a plus de tâches exécutives.

La quête d’un successeur complexe

Il n’a pas trouvé facile de déléguer responsabilités et pouvoir. Il semble avoir trouvé un partenaire adéquat en Börge Brende, ancien ministre norvégien des Affaires étrangères. Brende est président du forum depuis 2017 et dirige la direction. Dans une interview, il a exprimé le souhait de continuer à travailler avec Schwab “au moins une décennie”. Concernant la question de savoir s’il deviendra un jour le successeur de Schwab, il a évité de se prononcer.

Le processus de nomination d’un nouveau président du WEF ne sera pas aisé. L’inquiétude face à la succession de Schwab est palpable, étant donné l’importance du WEF dans le monde politique et économique international, ainsi que la place immense occupée par Schwab. Bien que le fonctionnement quotidien du forum ait désormais lieu sans lui, ses liens étroits avec des décideurs de premier plan, tels que Xi, Trump, Macron et von der Leyen, sont inégalés.

Ces connexions personnelles ne peuvent pas être transférées à une autre personne. Pourtant, elles sont indispensables pour que Davos conserve son éclat, et cet éclat doit perdurer sans Schwab.

Des accusations qui pourrait entacher l’héritage de Schwab

Il a mis des années à se forger une place dans l’élite politique mondiale. Considéré comme un bon auditeur et un excellent réseautage, il est perçu comme curieux, enthousiaste, innovant et toujours motivé. Cependant, l’été dernier, des allégations de sexisme et de racisme au sein de l’organisation ont assombri son héritage. Des employés ont insinué que certaines femmes avaient été licenciées en raison de leur grossesse, et des employés noirs ont accusé le WEF de discrimination systématisée.

Une ancienne employée a ensuite déposé une plainte contre la filiale du WEF à New York ainsi que celle à Genève — y compris contre Klaus Schwab lui-même. Elle a affirmé avoir subi des traitements racistes au bureau de New York et a accusé le WEF d’hypocrisie, arguant que les intervenants à Davos et le forum lui-même soulignent constamment l’importance de lutter contre la discrimination, alors que le WEF ne respecte pas ses propres préceptes.

Schwab a rejeté ces accusations. Dans un communiqué, il a précisé que la plaignante était employée d’une autre entreprise, séparée du WEF, sur laquelle il n’avait aucune influence.

Néanmoins, cette plainte jette une ombre sur le WEF. L’accusation d’hypocrisie nuit à un forum qui a toujours prétendu son intégrité. Dans l’entourage de Schwab, beaucoup ont été choqués par cette plainte, étant donné qu’il est perçu comme une personne prudente, ne prenant jamais de décisions susceptibles d’entraîner une réaction publique négative.

Voir qui se tient prêt

Schwab a toujours pris position contre la discrimination et a plaidé pour l’émancipation des femmes. Lors de sa succession, il souhaiterait, si possible, confier le poste à une femme. Des noms comme Christine Lagarde ou Ursula von der Leyen sont mentionnés.

Schwab a laissé entendre par le passé qu’il ne comptait pas préparer lui-même son successeur. S’il décidait de se retirer, il faudrait voir qui se présenterait. Il a au moins assuré qu’il « renoncerait à son rôle de président dans les prochaines années, certainement avant son 90e anniversaire ».

On peut donc supposer que la recherche de son successeur est déjà en cours. Schwab considère comme adaptés des candidats ayant une expérience internationale et un vaste réseau, qui connaissent idéalement le fonctionnement du Forum économique mondial grâce à une précédente ou actuelle adhésion au conseil. La nationalité ne devrait pas, selon lui, être un critère décisif.

Cependant, savoir si cette personne sera réellement « le prochain Klaus Schwab » reste une question ouverte. En effet, il est probable que celle ou celui qui le remplacera ne sera pas autant lié au forum que lui ne l’est. Schwab a veillé à ce que cela reste ainsi.

Points à retenir

  • Klaus Schwab a fondé le Forum économique mondial il y a plus de 54 ans, en commençant par une petite conférence en Suisse.
  • Le WEF a évolué pour devenir une organisation influente, cherchant à aborder des problématiques mondiales comme l’égalité et l’impact environnemental.
  • La succession de Klaus Schwab soulève de nombreuses questions, notamment quant à la capacité de son successeur à réaliser des liens avec des décideurs mondiaux.
  • Les préoccupations liées à des allégations de sexisme au sein du WEF pourraient entacher son héritage.
  • Schwab souhaite que son successeur soit peut-être une femme, montrant ainsi son engagement envers l’égalité des genres.

En conclusion, la question de la succession de Klaus Schwab illustre les défis principaux auxquels le WEF fait face : maintenir son influence tout en dépassant les controverses et en répondant aux attentes d’une société en évolution. Qui restaurera ce lien unique avec les leaders mondiaux et apportera une vision novatrice à cette plateforme déjà emblématique ? Cette interrogation ne manquera pas de susciter des débats et des réflexions sur l’avenir de l’organisation et les implications qu’elle pourrait avoir sur les enjeux mondiaux.



  • Source image(s) : www.nzz.ch

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