Simicro » Actualités » E-commerce » Temu, Shein et Co. : L’UE veut renforcer le contrôle des imports à bas prix

Temu, Shein et Co. : L’UE veut renforcer le contrôle des imports à bas prix

Temu, Shein et Co. : La Commission européenne souhaite renforcer le contrôle des importations à bas prix

L’engouement pour le shopping en ligne chez les Européens ne cesse de croître, mais cela entraîne de nouveaux enjeux. La Commission européenne s’active maintenant un nouveau cadre d’initiatives pour mieux gérer cette afflux de colis, ce qui pourrait conduire à une hausse des prix sur certaines plateformes de vente.

Chaque jour, 12 millions de colis arrivent dans l’UE, a précisé la vice-présidente de la Commission, Henna Virkkunen, lors d’une présentation à Bruxelles de ce que l’on appelle la “Toolbox” (boîte à outils), un ensemble de mesures visant à encadrer cette situation. L’an passé, 4,6 milliards de colis à bas prix ont été importés de pays tiers, représentant 97 % des importations directes, selon Maroš Šefčovič, le commissaire européen au commerce.

La Commission met en lumière que de nombreux colis contiennent des produits non conformes aux standards européens et ne seraient donc pas autorisés à la vente sur le territoire. Les enjeux vont de risques tels que les chocs électriques et le risque d’étouffement aux violations des droits de propriété intellectuelle, en passant par l’absence d’étiquetage adéquat ou d’informations consommateurs. Le nouveau commissaire à la justice et à la protection des consommateurs, Michael McGrath, a déclaré que jusqu’à 96 % des produits proposés sur ces plateformes ne respectent pas les normes en vigueur.

Système surchargé

Cependant, le système des autorités douanières et de surveillance du marché est submergé par la quantité de colis à traiter. Ces dernières sont censées filtrer les produits non conformes. Par conséquent, la Commission européenne projette de renforcer ses actions tout en impliquant directement les États membres, qui ont la responsabilité de mettre en œuvre les mesures douanières et de contrôle du marché.

Les réglementations européennes sur la protection des consommateurs seront examinées et adaptées lorsque cela sera nécessaire, afin de garantir la solidité des contrats consommateurs, même pour les fournisseurs en dehors de l’UE, a précisé McGrath. Les acteurs respectant les règles ne devraient pas craindre les nouvelles dispositions de la Commission, étant donné que le droit des consommateurs au sein de l’UE est considéré comme l’un des plus puissants au monde, mais il doit encore être appliqué strictement.

La Commission n’a cependant présenté que peu de nouveaux outils, en raison de la complexité des réformes déjà en cours. Des discussions sont en cours depuis la précédente législature européenne concernant la réforme douanière, mais sans consensus jusqu’à présent, ce qui pourrait entraîner la suppression de la franchise douanière de 150 euros, qui ne nécessitait que le paiement de la TVA à l’importation.

Nouvelle redevance pour les fournisseurs

Dans le cadre de ses nouvelles propositions, la Commission européenne suggère aussi une “contribution” pour couvrir les coûts liés aux contrôles routiniers effectués par les autorités douanières et de surveillance. Cette redevance pourrait être imposée aux commerçants ou aux plateformes elles-mêmes. Bien que la Commission ait un droit d’initiative, les détails des normes relèvent ensuite du parlement et du conseil.

Anna Cavazzini, présidente de la commission du marché intérieur, a exprimé son soutien à l’initiative. Elle considère que la mise en place d’une petite redevance pour chaque envoi commercial quotidien pourrait constituer un bon moyen de financer les mesures nécessaires. Jeanette Baljeu, eurodéputée libérale, appelle également à une coopération renforcée entre les autorités et à une meilleure application des droits européens, soulignant que des plateformes comme Temu et Shein doivent être tenues responsables des produits qu’elles mettent sur le marché.

Le point de vue du gouvernement allemand

Le ministre de l’Économie allemand, Robert Habeck, n’a pas caché son intérêt pour l’initiative de la Commission. Celle-ci propose de nombreuses mesures en phase avec celles identifiées par le gouvernement allemand dans son propre plan d’action pour le e-commerce. Néanmoins, Stefan Tromp, représentant de l’association commerciale allemande du commerce de détail (HDE), a mis en garde en affirmant que la Commission pourrait risquer de créer encore plus de bureaucratie et d’entraves.

Stefanie Grunert, du bureau fédéral des associations de consommateurs, a jugé que cette initiative était une “opportunité manquée”, soulignant que la mise en œuvre plus rigoureuse des règles existantes est essentielle pour empêcher la vente de produits dangereux en ligne. Les plateformes devraient s’assurer que ces produits ne soient même pas proposés à la vente.

Développements similaires aux États-Unis

Récemment, des changements de pratiques douanières aux États-Unis ont affecté principalement les fournisseurs chinois. Les médias américains rapportent que les envois et conteneurs sur le point d’entrer sont refusés ou non transportés. Ces changements sont le résultat d’initiatives de l’administration Biden, et bien que cela se produise en parallèle avec les actions de la Commission européenne, la coordination n’est pas encore établie, comme l’a reconnu Maroš Šefčovič avec humour.

Points à retenir

  • La Commission européenne lance une initiative pour mieux contrôler les importations de produits à bas prix.
  • Une majorité des produits importés ne respecterait pas les régulations en vigueur, entraînant des risques pour les consommateurs.
  • La mise en œuvre de nouvelles mesures devra également impliquer les États membres plus activement.
  • Un système de redevance pour financer les contrôles pourrait être introduit.
  • Des responsabilités accrues sont attendues pour des plateformes telles que Temu et Shein.

En conclusion, cet enjeu soulève des questions importantes sur la régulation du commerce en ligne, la sécurité des consommateurs et l’équilibre entre protection et accessibilité des produits. Quel pourrait être le juste équilibre entre la protection des consommateurs et la flexibilité du marché ? Une réflexion qui mérite d’être approfondie dans un contexte de globalisation croissante.



  • Source article et image(s) : www.heise.de

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *