Idealo, le portail de comparaison de prix actif dans toute l’Europe, entre dans une nouvelle phase de son contentieux contre Google. L’entreprise basée à Berlin a récemment annoncé son intention d’élargir sa demande de dommages et intérêts contre Google devant le tribunal de grande instance de Berlin à 3,3 milliards d’euros. Cette action fait suite à des accusations de manipulation de position dominante sur le marché.
Le montant réclamé par Idealo inclut une demande de 2,69 milliards d’euros de dommages-intérêts, accompagné des intérêts dus. Néanmoins, une autre exigence pourrait s’avérer encore plus intéressante : Idealo cherche à contraindre Google à fournir des informations sur le trafic, les revenus et les bénéfices générés par son service de comparaison de produits et de prix en Allemagne.
Ces données pourraient également intéresser d’autres concurrents ainsi que des analystes du secteur. Il s’agit d’un litige qui dure depuis plus de 15 ans concernant la conduite de Google et les dommages potentiels causés aux concurrents, aux consommateurs et au commerce électronique en général.
Un jugement du CEJ apporte un éclaircissement aux tribunaux nationaux
Les espoirs placés par les acteurs berlinois sont liés à un jugement rendu l’automne dernier par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) (affaire C-48/22 P). Les juges ont statué que l’amende de 2,42 milliards d’euros infligée par la Commission européenne à Google était légitime. Google a en effet favorisé sa propre plateforme dans les résultats de recherche par rapport à d’autres concurrents via Google Shopping, un constat déjà établi par la Commission européenne en 2017.
Albrecht von Sonntag, co-fondateur et membre du conseil de surveillance d’Idealo, a déclaré : « Le jugement de la CJUE confirme que Google abuse de sa puissance de marché grâce à Google Shopping. Avec notre demande de dommages-intérêts devant le tribunal de Berlin, nous réaffirmons notre exigence de résultats concrets face à ces abus au niveau européen et national. »
Il pourrait cependant s’écouler un certain temps avant qu’une décision soit rendue sur cette plainte, déposée en 2019 par cette entreprise majoritairement détenue par Springer. Quoi qu’il en soit, le verdict de la CJUE a un caractère contraignant pour tous les tribunaux nationaux de l’UE, un fait qui pourrait enfin apporter de la clarté. Ce litige au tribunal de Berlin avait été suspendu pendant plusieurs années en attendant ce jugement européen, obstruant ainsi l’extension de la plainte.
La situation entourant les portails de comparaison de prix comme Idealo, qui a été lancé avant Google Shopping en Allemagne, est critique. Albrecht von Sonntag déclare : « Vingt-cinq ans après notre création, nous devons malheureusement constater que nous devons défendre plus que jamais la transparence et les droits des consommateurs. Cette action dépasse le cadre d’Idealo ; elle soulève la question de la limites à donner à l’abus d’une puissance de marché excessive au détriment du choix des consommateurs. »
Points à retenir
- Idealo augmente sa demande de dommages-intérêts à 3,3 milliards d’euros dans le litige contre Google.
- La CJUE a validé une amende antérieure de 2,42 milliards d’euros infligée à Google pour abus de position dominante.
- Les données demandées par Idealo pourraient avoir des implications pour tout le secteur de la comparaison de prix.
- Le verdict de la CJUE pourrait influencer d’autres affaires similaires au sein de l’UE.
Cette situation soulève des interrogations sur les pratiques des grandes entreprises technologiquement avancées et leurs responsabilités envers les consommateurs. La manière dont ce dossier sera traité pourrait ouvrir un vrai débat sur la façon dont le pouvoir économique est régulé, tant au niveau national qu’européen.
- Source article et image(s) : t3n.de


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