Avant l’introduction en bourse
Le détaillant en ligne Shein voit sa valorisation plonger à nouveau
Publicité Shein à New York
© Richard B. Levine / IMAGO
Le détaillant chinois de Fast Fashion, Shein, fait face à des difficultés sur le chemin de son introduction en bourse. Sa valorisation plonge de manière significative, une situation qui pourrait toutefois s’avérer injustifiée.
La question qui préoccupe actuellement de nombreux observateurs du marché est : jusqu’où la valorisation de Shein peut-elle encore chuter ? Le détaillant chinois souhaite concrétiser son introduction à la Bourse de Londres cette année. Au départ, une valeur de marché de 100 milliards de dollars avait été envisagée.
Cependant, depuis la fin de 2023, la valorisation a été revue à la baisse : d’abord à 66 milliards de dollars, puis à 50 milliards, et maintenant, les propriétaires exigent même une réduction à 30 milliards de dollars, selon certaines sources médiatiques. On se demande s’il est possible d’aller encore plus bas. Filiale basée à Singapour, l’entreprise a décidé de reporter son IPO du printemps à la seconde moitié de l’année, accordant ainsi un répit à la situation.
La nouvelle politique douanière du président américain Donald Trump, qui a introduit un tarif supplémentaire de 10 % sur les importations chinoises et fermé un important échappatoire douanier, est à l’origine de cette chute récente et de l’ajournement de l’introduction en bourse.
Jusqu’à maintenant, Shein profitait des franchises douanières aux États-Unis et en Europe, permettant d’importer des envois d’une valeur inférieure à 800 euros (USA) et 150 euros (UE) sans payer de droits, et ce de manière tout à fait légale. Cette règlementation a désormais été abrogée par Trump, tandis que la Commission européenne envisage également de supprimer ces « seuils de tolérance ».
Shein continue d’avancer…
« Les droits de douane américains et l’augmentation des coûts d’expédition agissent sur Shein comme un véritable obstacle », explique Jochen Krisch, expert en commerce et auteur du livre « E-Commerce pour les avancés ». Cela pourrait avoir des conséquences douloureuses pour l’importateur chinois. Le modèle économique de Shein s’appuie sur un approvisionnement direct performant depuis la Chine, permettant d’offrir des tendances de mode plus rapidement et à moindre coût que ses concurrents.
« Cela réduit la dynamique de croissance, mais n’arrêtera pas Shein », estime Krisch, précisant que le détaillant est déjà bien préparé face à un tel scénario : via des centres logistiques locaux et une production dans d’autres pays que la Chine.
Toutefois, cette situation risque d’entraîner une hausse des prix. En effet, Trump pourrait potentiellement décevoir les jeunes électeurs, car les « hauls » sur Instagram, où des influenceurs montrent des produits importés à bas prix, deviendraient une option moins viable. Cela à cause de la hausse des coûts, selon Leber.
L’année dernière, Shein avait déjà augmenté les prix de ses vêtements pour femmes de plus de 30 %. Le détaillant s’oriente désormais vers des produits de marque plus coûteux, annonce Krisch. « Shein ne restera pas éternellement un fournisseur à bas prix chinois », conclut-il.
… mais cela deviendra plus cher
L’introduction en bourse, qui devait se faire à New York, avait échoué à cause des régulations de la Securities and Exchange Commission. Bien que l’introduction à Londres soit également sujet à controverses politiques, elle reste probable. Shein et la Bourse de Londres espèrent un retour favorable : cette dernière ambitionne d’attirer de nouveaux candidats à l’entrée en bourse, tandis que Shein a besoin de l’argent des investisseurs occidentaux. Comme le souligne Leber, « les Chinois ont compris qu’ils ont besoin de capitaux étrangers », car cela améliorerait également le climat économique et le niveau de vie dans le pays.
Points à retenir
- Shein a récemment revu sa valorisation à la baisse, la faisant passer de 100 milliards à potentiellement 30 milliards de dollars.
- Les nouvelles politiques douanières américaines compliquent l’importation des produits, réduisant ainsi les marges bénéficiaires.
- Le détaillant s’adapte en diversifiant sa chaîne d’approvisionnement et en augmentant ses prix pour se positionner sur le marché.
En somme, la situation de Shein soulève plusieurs questions sur la viabilité de son modèle économique face à des défis croissants. L’impact de la réglementation douanière, accompagné par un changement de stratégie, pourrait redéfinir le paysage du commerce électronique mondial. Reste à voir comment ces ajustements influenceront l’image de marque de Shein auprès des consommateurs.
- Source article et image(s) : www.capital.de


Laisser un commentaire