Robert Habeck, candidat des Verts à la chancellerie, souhaite mettre l’accent sur des thèmes clés tels que la protection climatique, l’éducation et le développement économique dans la phase finale de la campagne électorale. Mercredi, à Berlin, il a présenté une “agenda de l’avenir”. Il a critiqué le fait que des sujets cruciaux, parmi lesquels la question de l’accessibilité de la vie quotidienne et le bon fonctionnement de l’infrastructure, n’étaient que trop peu abordés durant cette campagne.
Habeck a souligné que le réchauffement climatique et ses répercussions constituent “le sujet de sécurité du futur”. Il a exprimé sa désapprobation quant à l’irresponsabilité avec laquelle certains concurrents politiques traitent les objectifs climatiques établis par la recherche scientifique. Selon lui, il est essentiel de maintenir le cap vers une transition énergétique sans carbone, accompagnée de “soutiens socialement justes”, notamment pour promouvoir une “mobilité électrique abordable”. Il a suggéré qu’un “climargent” devrait être introduit au plus tard en 2026, en lien avec le système d’échange de droits d’émission pour le chauffage et le transport.
Habeck a également mis en garde contre une possible régression climatique en Allemagne, notant que, bien que le pays soit actuellement sur la bonne voie pour le développement des énergies renouvelables, cela pourrait changer si l’on annulait les mesures en cours. Il a critiqué les déclarations de l’Union sur le maintien des moteurs à combustion et la remise en question de la loi sur le chauffage, rappelant que se contenter d’afficher des objectifs climatiques sans actions concrètes n’était pas suffisant. Il a mis en garde contre une nouvelle “sommeil collectif” dans le cadre d’une potentielle grande coalition.
Concernant la rénovation des établissements scolaires, il a proposé un “Pacte national pour l’éducation” entre l’État et les municipalités. Il a suggéré que le gouvernement fédéral investisse dix milliards d’euros par an à partir de 2026 pour moderniser les écoles, précisant que le pays traversait une “grave crise éducative”, illustrée par des infrastructures scolaires délabrées, un taux élevé d’abandon scolaire et une pénurie croissante d’enseignants.
Habeck a aussi pointé du doigt un retard d’investissement estimé à environ 400 milliards d’euros en Allemagne, selon l’association industrielle BDI, plaidant pour un assouplissement de la règle de la dette via des fonds spéciaux. Pour promouvoir les technologies d’avenir, il a proposé de mobiliser 50 milliards d’euros de fonds publics et privés afin de soutenir le développement de l’intelligence artificielle en Allemagne. Les entreprises devraient bénéficier d’incitations à l’investissement et d’un allègement des formalités administratives.
Pour atteindre un “quotidien abordable”, Habeck a proposé, dans son document intitulé “Mon agenda vert pour la première année de gouvernement”, diverses mesures, notamment des allègements fiscaux pour les familles d’un montant de mille euros.
Il a également évoqué une “régulation stricte des loyers”, des frais d’énergie réduits par le biais de moins d’impôts et de taux de réseau, ainsi que la poursuite du ticket Allemagne à 49 euros. Le niveau des retraites devrait être stabilisé à 48 % et le salaire minimum porté à 15 euros. Habeck a signalé que ses propositions se voulaient une concrétisation et une “spécification” des demandes déjà présentes dans le programme électoral des Verts.
Sur le sujet de la migration, il a évoqué la nécessité d’une “politique d’asile ordonnée” et d’une “intégration renforcée”. Il a démenti avoir atténué son ancien plan en dix points pour la sécurité et la migration, précisant que “ordonner et réguler” implique également “limiter” l’immigration. Le politicien des Verts a plaidé pour la mise en œuvre du Système européen commun d’asile (GEAS), tout en affirmant la nécessité de respecter des “normes humanitaires” pour les réfugiés.
En matière de sécurité, il a réaffirmé ses propositions en faveur d’une “offensive d’exécution” des mandats d’arrêt non exécutés et d’un renforcement des autorités de sécurité. Les menaces étrangères et les criminels de droit commun devraient être “systématiquement expulsés”. Pour la sécurité extérieure, il a préconisé d’augmenter les dépenses de défense à plus de 2 % du PIB.
Face à des sondages indiquant que les Verts pourraient atteindre un maximum de 15 %, Habeck a reconnu que son parti occupait une position minoritaire. Cependant, il s’est montré confiant quant à un nombre substantiel d’électrices et d’électeurs indécis à l’approche des élections fédérales prévues le 23 février.
bk/
Points à retenir
- Habeck propose une agenda centrée sur des enjeux climatiques, éducatifs et économiques.
- Un investissement de dix milliards d’euros par an pour la rénovation des écoles est envisagé.
- Le développement de l’intelligence artificielle serait soutenu par une mobilisation de fonds d’un total de 50 milliards d’euros.
- Des mesures pour un quotidien abordable incluraient des allégements fiscaux et une régulation stricte des loyers.
- Le candidat des Verts souhaite une politique d’asile ordonnée et une sécurisation des frontières.
La vision politique de Robert Habeck vise un équilibre entre les enjeux sociaux et environnementaux, tout en répondant aux préoccupations économiques. À quelques mois des élections, sera-t-il entendu dans ses propositions ambitieuses ? Ces suggestions soulèvent des interrogations sur leur faisabilité et leur impact à long terme sur la société allemande.
- Source image(s) : de.nachrichten.yahoo.com


Laisser un commentaire