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Le Bundesrat veut économiser 400 millions sur les subventions climatiques !

Pas d’aides financières pour les trains de nuit ni pour le programme de bâtiments : c’est ainsi que le Conseil fédéral entend économiser plus de 400 millions de francs. Une large coalition d’associations suggère une alternative plus efficace.

Le gouvernement envisage de réduire les financements pour les rénovations énergétiques des bâtiments, ce qui soulève des critiques notamment de la part des cantons.

Le gouvernement envisage de réduire les financements pour les rénovations énergétiques des bâtiments, ce qui soulève des critiques notamment de la part des cantons.

Gaëtan Bally / Keystone

Déjà en septembre, le conseiller fédéral Albert Rösti avait évoqué son intention de simplifier le paysage des subventions en matière de politique climatique. Aujourd’hui, le ministre de l’Environnement, Ernst, maintient sa position : malgré les vives critiques des défenseurs des transports publics et des politiciens de gauche, il persiste à supprimer les aides financières de 30 millions de francs par an destinées aux trains de nuit, qui devaient être intégrées dans la nouvelle loi sur le CO2. Selon les CFF, ce soutien est nécessaire pour maintenir des destinations nocturnes comme Barcelone et Rome.

Aucune aide fédérale pour les programmes des cantons

Un autre aspect financier va peser nettement plus lourd : la suppression des fonds fédéraux pour le programme des bâtiments, financé par les cantons. Chaque année, le gouvernement versait environ 400 millions de francs, soit près d’un tiers des revenus de la taxe CO2 sur les combustibles, dans ce fonds. Ces subventions aidaient les propriétaires à réaliser des rénovations énergétiques, comme le remplacement des chauffages à mazout et au gaz ou l’amélioration de l’isolation des bâtiments. Cependant, ce soutien doit maintenant cesser.

Les fonds initialement prévus pour le programme de rénovations seront redirigés vers deux autres programmes d’aide intégrés dans la nouvelle loi sur la protection du climat, entrée en vigueur au début de l’année. Cette loi prévoit d’allouer 200 millions de francs par an, d’ici 2035, pour la substitution des systèmes de chauffage, et 200 millions par an d’ici 2031 pour le financement de nouvelles technologies visant à réduire les gaz à effet de serre.

Initialement, ces deux aides devaient être financées par le budget général de la Confédération. En utilisant maintenant les fonds destinés au programme de bâtiments, le gouvernement économise près de 400 millions de francs. Cette décision est justifiée par le Conseil fédéral, qui estime qu’un retrait est raisonnable. Depuis le lancement du programme en 2010, plus de 3,6 milliards de francs ont déjà été versés. “Dans une certaine mesure”, des effets de transfert ont été constatés, ce qui signifie que beaucoup de rénovations auraient été réalisées même sans ce soutien financier.

Cependant, les plans d’économies du gouvernement rencontrent une forte opposition, notamment de la part des cantons. “Jusqu’en septembre, nous étions convaincus que le programme des bâtiments se poursuivrait jusqu’à la fin de 2030 et compléterait les programmes incitatifs de la loi sur la protection du climat”, explique Veronique Bittner-Priez, secrétaire générale de la conférence des directeurs de l’énergie des cantons. Sur cette base, des prescriptions modèles pour le remplacement des chauffages ont été renforcées. Si le programme de bâtiments est éliminé, le gouvernement devra nécessairement augmenter la taxe CO2. “Ces idées sont complètement absentes de la proposition”, critique la représentante des cantons.

Bittner-Priez souligne que le programme des bâtiments n’a pas encore accompli sa mission. Ainsi, l’année dernière, un nombre croissant de chauffages fossiles a été vendu, tandis que la vente de pompes à chaleur a fortement diminué.

Une alliance avec de nouvelles propositions

Avant cette décision, une large coalition d’organisations s’est formée pour s’opposer à des coupes dans le domaine de la protection du climat, comprenant des groupes tels qu’AEE Suisse, la fédération des entreprises pour les énergies renouvelables, Swisscleantech, l’association des techniques du bâtiment Suissetec, ainsi que des ONG comme le WWF et la Fondation Suisse de l’Énergie.

Ces organisations jugent inacceptable que le Conseil fédéral exige des réductions substantielles dans le programme de bâtiments sans proposer de mesures de remplacement. “En agissant ainsi, le Conseil fédéral ignore la volonté populaire exprimée lors de l’élection pour la loi sur la protection du climat, qui demandait des mesures supplémentaires dans le secteur des bâtiments”, déclare Michael Mandl, co-directeur de Swisscleantech. Au final, cela risquerait d’empêcher la Suisse d’atteindre ses objectifs climatiques.

L’alliance ne s’oppose pas en soi aux réductions budgétaires, mais propose plutôt des mesures alternatives pour que le programme de bâtiments puisse continuer sans peser sur le budget fédéral. Pour compenser la perte de 400 millions de francs, il est suggéré d’augmenter la taxe CO2 actuelle, qui est de 120 francs par tonne, à 210 francs, conforme à ce que la loi CO2 avait prévu et qui a échoué à être acceptée en votation en 2021. De plus, une plus grande partie des revenus des taxes CO2 ne devrait pas être redistribuée à la population, mais investie dans le programme de bâtiments.

Selon les calculs des associations, le programme des bâtiments pourrait donc continuer sans les fonds du budget fédéral, tout comme les deux programmes d’aide de la loi sur la protection du climat. Il reste à voir si le Conseil fédéral prendra en compte cette proposition alternative dans les mois à venir. La consultation sur le paquet de décharges budgétaires de la Confédération se termine le 5 mai.

Points à retenir

  • Le Conseil fédéral a décidé de supprimer les aides financières pour les trains de nuit ainsi que pour le programme de rénovation des bâtiments, entraînant des économies de plus de 400 millions de francs.
  • Les fonds initialement destinés au programme de bâtiments seront redirigés vers un soutien pour de nouvelles technologies et le remplacement de systèmes de chauffage.
  • Une coalition d’associations appelle à des alternatives pour éviter les coupes, incluant une augmentation de la taxe CO2 pour financer le programme de bâtiments.

Cette situation soulève des questions pertinentes sur l’équilibre à trouver entre contraintes budgétaires et ambitions climatiques. La capacité des solutions alternatives à répondre efficacement aux enjeux environnementaux posés sera cruciale dans le débat public à venir. Comment les acteurs, tant publics que privés, peuvent-ils collaborer pour garantir une transition écologique tout en respectant les impératifs financiers ?



  • Source image(s) : www.nzz.ch

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