Les entreprises qui investissent dans la protection des données constatent des avantages via des équipes bien dotées et des manques de qualifications réduits
Plus de deux professionnels de la protection des données sur cinq (45 %) en Europe estiment que le budget alloué à la protection des données de leur organisation est insuffisant. Ce chiffre représente une augmentation par rapport aux 41 % enregistrés en 2024. Par ailleurs, plus de la moitié (54 %) prévoit que les budgets continueront de diminuer en 2025, selon une étude récente menée par ISACA, l’association professionnelle mondiale qui aide les individus et les organisations à établir une confiance numérique.
Bien que le Règlement général sur la protection des données (RGPD) en Europe soit désormais bien ancré, seulement un tiers (38 %) des professionnels européens font confiance à la capacité de leur entreprise à protéger les données sensibles. De plus, seulement un quart (24 %) des entreprises européennes applique le principe du “Privacy by Design”, et beaucoup risquent de ne pas respecter le RGPD ainsi que de nouvelles réglementations telles que la loi sur les services numériques et la loi sur l’IA.
Environ la moitié (52 %) des équipes techniques de protection des données en Europe sont encore sous-dotées, une légère amélioration par rapport aux 53 % de l’an dernier, les entreprises continuant de rencontrer des difficultés dans le maintien de leurs effectifs. En effet, 37 % des organisations européennes peinent à conserver des professionnels qualifiés en protection des données.
Chris Dimitriadis, directeur de la stratégie mondiale chez ISACA, affirme : “Avec une menace de plus en plus complexe, le travail dans le domaine de la protection des données devient plus exigeant, mais également plus crucial. Deux tiers (66 %) des professionnels de la protection des données européens interrogés déclarent que leur emploi est plus stressant aujourd’hui qu’il y a cinq ans. Cette situation est aggravée par un manque de financement persistant. Si les entreprises peuvent réaliser des gains financiers à court terme, elles s’exposent à des risques à long terme.”
Pour les entreprises européennes qui appliquent systématiquement le principe du “Privacy by Design”, il est plus probable qu’elles disposent d’équipes de protection des données correctement dotées et d’un niveau de compétences moins défaillant. En effet, 43 % de ces entreprises estiment que leurs équipes techniques de protection des données sont adéquatement pourvues (contre 33 % pour celles qui ne suivent pas cette approche). Ainsi, 58 % d’entre elles expriment une grande confiance envers leurs équipes techniques.
Comparativement à 44 % des organisations qui n’appliquent pas ce principe, plus de la moitié (56 %) des organisations européennes qui l’appliquent régulièrement ont constaté une réduction des lacunes en matière de connaissances liées à la protection des données. Pour cela, elles ont formé des employés n’exerçant pas dans ce domaine mais intéressés par des fonctions liées à la protection des données.
Il est essentiel de disposer de personnel qualifié et soutenu pour garantir l’application du “Privacy by Design”. Les principales lacunes de compétences signalées par les organisations européennes portent sur l’expérience avec différents types de technologies et/ou d’applications (62 %), l’expertise technique (49 %) et les compétences en matière d’exploitation IT (45 %).
Pour faire face à ces défis en matière de qualifications et aux enjeux plus larges liés à la protection des données, 47 % des organisations européennes proposent des formations. Celles-ci permettent aux employés non spécialisés dans la protection des données de prendre des responsabilités dans ce domaine. L’expérience est primordiale pour combler cette lacune : 95 % des répondants estiment que l’expérience en matière de conformité et légale est cruciale pour évaluer la qualification d’un candidat dans le domaine de la protection des données. 89 % jugent les références importantes, tandis que seulement 54 % voient un diplôme universitaire comme un élément déterminant.
Dimitriadis ajoute : “Pratiquer le ‘Privacy by Design’ et intégrer la protection des données dans toute l’organisation est essentiel pour assurer une protection à long terme. Une telle approche intégrée renforce la confiance des parties prenantes et protège contre les menaces en constante évolution, ce qui n’est possible qu’avec des équipes de protection des données qualifiées, prêtes et en mesure de promouvoir des pratiques de protection des données sur les plans technologique, commercial et légal.”
Il existe plusieurs façons de réduire les lacunes de compétences. La formation continue et le soutien aux employés du secteur de la protection des données sur les nouvelles technologies, les méthodes permettant d’améliorer la protection des données, la cybersécurité, ainsi que sur les architectures de protection des données, sont essentiels pour intégrer ces éléments dans le quotidien professionnel et maintenir la résilience des entreprises.
ISACA_PrivacyPractice_European_2025
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Points à retenir
- Un budget de protection des données souvent insuffisant entrave l’efficacité des équipes en Europe.
- Le principe du “Privacy by Design” favorise l’établissement de bonnes pratiques et la réduction des lacunes en compétences.
- Une formation continue est cruciale pour garantir la compétence et le bien-être des équipes dédiées à la protection des données.
La question se pose : comment les entreprises peuvent-elles combler ces lacunes tout en faisant face à des atteintes croissantes à la sécurité des données ? La souplesse et l’adaptabilité restent essentielles pour naviguer dans ce domaine en constante évolution.
- Source image(s) : www.all-about-security.de


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