Selon les experts économiques, les conditions du marché resteront difficiles non seulement en 2024, mais aussi en 2025. De plus, l’émergence de nouvelles technologies et de nouvelles réglementations pourrait transformer fondamentalement le secteur de la logistique. Voici quelques tendances identifiées par les experts :
Intelligence Artificielle dans la chaîne d’approvisionnement
Des volumes de commandes élevés, une chaîne logistique de plus en plus complexe, des interfaces WMS compliquées et un manque de personnel qualifié posent de nombreux défis aux logisticiens. Face à ces obstacles, l’importance de l’IA pour l’intégration des systèmes de gestion d’entrepôt (WMS) est en forte hausse.
Pour simplifier et optimiser la gestion des stocks, le fournisseur Logistics Reply a développé une série d’assistants IA spécialisés, regroupés sur la plateforme IA “GaliLEA”. Apparue en un an à partir du module IA “Smart Support” (anciennement “LEApedia”), cette plateforme a remporté le prix du “Meilleur Produit LogiMAT 2024”. L’utilisateur de WMS pourra ainsi se servir du système “LEA Reply” de manière plus efficace, économique et rapide. Adieu les longues recherches, les tickets de support seront automatiquement enrichis de toutes les informations essentielles, les utilisateurs clés pourront créer des tableaux de données personnalisés par commande vocale, et la formation des employés sera facilitée.
Intelligence augmentée pour l’entrepôt
Le développeur de logiciels PSI est également conscient du potentiel de l’IA pour améliorer les processus logistiques. Sa solution “PSIwms AI” est une plateforme basée sur l’intelligence artificielle qui se connecte directement à un système WMS, “PSIwms”. Grâce à un jumeau numérique, cette solution analyse et optimise les processus logistiques supportés par le WMS. Toute modification au sein de l’entrepôt physique est automatiquement et en temps réel mise à jour dans le jumeau numérique pour une analyse pertinente.
Cette solution permet, par exemple, de vérifier l’impact d’une automatisation supplémentaire sur l’efficacité, ou de savoir si le personnel de l’entrepôt sera capable de gérer une augmentation des ventes à venir. Le fournisseur met particulièrement en avant la visualisation des itinéraires de prélèvement. Les modèles d’IA et les processus d’entrepôt sont détaillés à l’aide de visualisations 3D et de cartes thermiques, générant ainsi des suggestions compréhensibles et fiables.
Suivi des stocks basé sur l’IA
Pour que l’intelligence artificielle puisse fonctionner efficacement, elle nécessite une base de données de stocks de haute qualité. Cela constitue l’un des défis majeurs de l’intralogistique moderne : des entreprises, grandes ou petites, luttent souvent contre des données imprécises et un manque de transparence concernant leurs stocks. On peut souvent constater un manque de visibilité précise sur le nombre d’articles stockés et leur état, ce qui entraîne des contrôles manuels fastidieux et un risque d’erreurs accru.
En réponse à ce besoin, des systèmes basés sur l’IA, comme la plateforme de surveillance “Sereact Lens”, promettent de collecter les données de stocks en temps réel, d’identifier automatiquement les articles endommagés et de signaler rapidement les ruptures de stock. Ce suivi et cette analyse des stocks peuvent être automatisés, réduisant ainsi la nécessité d’interventions manuelles.
Interopérabilité : la clé
Outre les données de stocks, l’intralogistique doit également faire face à la synchronisation de différentes technologies et systèmes. En raison d’une spécialisation accrue, plusieurs systèmes de transport automatisés de différents fabricants sont souvent utilisés dans les centres de production et de distribution, ce qui complique leur intégration harmonieuse. Cette hétérogénéité nuit à l’automatisation des processus et entraîne des inefficacités.
Il y a plus d’un an, Julian Seume, le directeur général de Wiferion, un fournisseur de systèmes de recharge de batteries sans contact pour véhicules logistiques, avait souligné que l’interopérabilité devrait être envisagée dans une approche globale, essentielle pour permettre aux flottes de robots mixtes de se développer rapidement à l’avenir.
« Il est désormais acquis que des interfaces matérielles normalisées sont tout aussi cruciales que des solutions logicielles compatibles. Nous assisterons en 2025 à une dynamique croissante autour de la normalisation et de l’harmonisation », assure Seume.
C’est donc dans ce contexte que Wiferion présentera pour la première fois lors du LogiMAT une thématique complète sur le fonctionnement efficace de flottes de robots mixtes. Sur un espace d’exposition de 180 m², Wiferion, Continental et Synaos, en collaboration avec leurs partenaires, démontreront comment rendre l’interopérabilité et les applications de robots mobiles autonomes fiables dans la pratique.
Processus d’échange digital pour remorques, conteneurs et passerelles de chargement
Dans les sites industriels, de nombreux processus se déroulent en parallèle. Différents types de véhicules effectuent diverses tâches. Pour garder une bonne vue d’ensemble, une gestion structurée des tâches est indispensable. Avec son nouveau système de gestion numérique, Myleo / dsc permet aux clients d’utiliser les ressources humaines et matérielles de manière plus efficace et ciblée.
Dans la dernière version, les exigences de transport interne sur le site, comme les services de navette ou les transports de déchets de production, peuvent également être planifiées et gérées. La dissociation des transports guidés, c’est-à-dire la séparation du tracteur de la remorque ou du conteneur, permet également de réduire les temps de passage. Avec la mise à disposition interne grâce aux véhicules de transfert et aux reach stackers associés à des ordres de transport, les ressources de transport nécessaires sont prêtes au bon moment aux bons endroits. Le nouveau système de gestion des tâches de Myleo / dsc permet également de réaliser des travaux de maintenance, de nettoyage ou d’élimination.
Emballages sur mesure
Dans le domaine des technologies d’emballage automatisées, l’emballage ajusté est considéré comme la méthode idéale. La taille des produits à emballer est mesurée par un scanner, et la boîte d’expédition est ajustée en conséquence. Cette précision garantit un emballage et un envoi des produits de manière à optimiser les coûts et à réduire l’impact sur l’environnement. L’application d’adhésifs, comme ceux du portefeuille “Technomelt E-COM” de Henkel, permet également d’économiser des matériaux d’emballage supplémentaires sous forme de rubans adhésifs, tout en facilitant le recyclage ultérieur.
De plus, aucun matériel de remplissage additionnel n’est requis, ce qui contribue à réduire sensiblement les déchets. Comme l’emballage est adapté autour du produit, il y a peu d’espace non utilisé, réduisant ainsi le volume de transport et permettant d’expédier plus de colis à la fois.
Bien que la méthode d’emballage elle-même contribue principalement à la réduction des émissions de CO2, les adhésifs utilisés peuvent également avoir un impact positif sur le bilan environnemental : le dernier adhésif de la gamme, “Technomelt E-COM G5 Eco Cool”, est composé en grande partie de matériaux d’origine biologique et nécessite moins d’énergie dans le processus d’emballage grâce à une température d’application réduite.
Logistique à zéro émission sur une base open-source
Le secteur de la logistique des transports accordera également plus d’importance que jamais à l’empreinte carbone en 2025. Les logisticiens investissent déjà beaucoup d’efforts dans la durabilité, notamment en raison de réglementations accrues. Pour offrir une solution interentreprises pour le secteur, la Open Logistics Foundation a créé le groupe de travail “Enabling Logistics Decarbonisation”, dirigé par Lkw Walter. Le premier projet de ce groupe, impliquant douze entreprises participantes, concerne un standard open-source pour l’échange de données sur les émissions.
Actuellement, il n’existe pas encore de standard pour l’échange de données entre entreprises le long de la chaîne d’approvisionnement, incluant les transporteurs, les fournisseurs de services logistiques, les expéditeurs et les clients. La coopération entre des entreprises nationales et internationales sera essentielle pour la réussite de la mise en œuvre d’un tel standard. C’est ici que la Open Logistics Foundation, une organisation à but non lucratif, se positionne comme intermédiaire.
Les membres de la fondation travaillent ensemble, à l’échelle internationale, à l’élaboration de solutions open-source pour simplifier l’échange de données au sein du secteur. Aujourd’hui, des solutions pour plus de durabilité émergent grâce à la collaboration des entreprises et à l’utilisation de logiciels open-source. Ainsi, des entreprises de toutes tailles peuvent contribuer à une logistique plus écologique.
Points à retenir
Les conditions du marché devraient rester difficiles en 2024 et 2025, en raison de l’émergence de nouvelles technologies et de réglementations.
L’intelligence artificielle jouera un rôle crucial dans l’optimisation des systèmes de gestion d’entrepôts, notamment à travers des outils comme GaliLEA et PSIwms AI.
La transparence des données de stocks est indispensable pour une gestion efficace, et des outils comme Sereact Lens pourraient faciliter cela.
L’interopérabilité entre différents systèmes de transport est un enjeu majeur pour l’automatisation logistique.
Des pratiques d’emballage ajustées et la logistique zéro émission deviennent des priorités pour réduire l’impact environnemental.
En perspective, les avancées technologiques ouvrent la voie à une transformation du secteur logistique, mais elles nécessitent une collaboration étroite entre entreprises et une adaptation aux nouvelles normes environnementales. Comment le secteur s’engagera-t-il dans cette transition tout en répondant aux défis croissants ?
Laisser un commentaire