La semaine dernière, le gouvernement allemand a adopté un plan d’action pour le commerce électronique, visant à rendre le commerce en ligne “plus sûr et équitable”. L’objectif principal est d’appliquer de manière rigoureuse les lois existantes contre les places de marché en ligne et les vendeurs basés en dehors de l’Union européenne, en particulier sur les grands fournisseurs chinois tels que Temu, Shein et Alibaba, qui inondent le marché avec des offres parfois douteuses et illégales. “Nos normes européennes élevées doivent s’appliquer à tous”, a souligné le ministre fédéral de l’Économie, Robert Habeck (Verts). Personne ne devrait tirer un avantage en ne respectant pas les règles.
Le plan stipule que le gouvernement souhaite renforcer la surveillance du marché au niveau national et européen. Les autorités compétentes devront automatiser leurs contrôles, notamment grâce à des webcrawlers spécifiques, et adapter leurs méthodes aux exigences du commerce électronique. Le futur passeport numérique des produits sera conçu pour inclure toutes les informations nécessaires attestant de la conformité aux réglementations européennes. Cela devrait permettre de détecter plus facilement les “mauvais payeurs”. Le gouvernement entend également resserrer les contrôles douaniers et mettre fin à l’exonération de droits de douane pour les envois d’une valeur inférieure à 150 euros (actuellement, seule la TVA est réclamée sur les importations de moins de ce montant). Les plateformes de commerce électronique devront assumer une plus grande responsabilité pour les biens qu’elles distribuent.
Inquiétudes : Obscures manipulations et protection des données
Par ailleurs, le gouvernement souhaite exploiter le Digital Services Act (DSA) pour agir efficacement, simplement et rapidement contre les places de marché où sont commercialisés des produits illégaux ou des pratiques commerciales douteuses. Il s’agit notamment de produits non conformes à la réglementation sur les marques ou violant les droits des consommateurs. Les plateformes devront suspendre les comptes des commerçants qui ne fournissent pas les informations minimales requises pour leur identification, enfreignant ainsi le principe du “Know Your Business Customer”. Il est essentiel d’adopter une approche plus stricte face aux “designs manipulateurs, trompeurs et addictifs” (Dark Patterns). Les défenseurs des consommateurs, ainsi que la ministre compétente, Steffi Lemke (Verts), considèrent qu’il s’agit d’une question cruciale à régler.
“Nous observons que les plateformes de commerce en ligne collectent massivement des données personnelles pour le profilage et des fins publicitaires”, a exprimé l’inquiétude du gouvernement en affaires. Ici, l’accent n’est pas seulement mis sur la vente de produits, mais surtout sur l’utilisation commerciale de ces informations. Cela peut représenter des dangers considérables pour les consommateurs concernés. Il est donc primordial que les exigences du Règlement général sur la protection des données (RGPD) soient respectées dans tous les pays de l’Union européenne. En octobre, la Commission européenne a ouvert une enquête contre Temu pour de possibles violations du DSA.
Points à retenir
- Le plan d’action vise à renforcer la réglementation des marchés en ligne, particulièrement pour les acteurs extérieurs à l’UE.
- Il introduit des mesures pour améliorer la surveillance, incluant l’utilisation de technologies avancées comme les webcrawlers.
- La mise en place d’un passeport numérique pour les produits est prévue pour garantir la conformité aux lois européennes.
- L’introduction d’un contrôle douanier plus strict est envisagée pour réduire les abus liés à la valeur des biens importés.
- Le gouvernement cible aussi les pratiques commerciales illégales et les questions de protection des données personnelles sur les plateformes en ligne.
Dans ce contexte, il est crucial de poser la question de l’équilibre à trouver entre la régulation des marchés numériques et la garantie de la libre concurrence. Alors que le contrôle strict peut protéger les consommateurs, il demeure essentiel de veiller à ce que ces mesures ne deviennent pas trop lourdes pour les petites entreprises, qui pourraient en pâtir. La réflexion autour de la responsabilité des plateformes dans le commerce électronique pourrait ouvrir un débat plus large sur l’avenir des affaires en ligne.
- Source article et image(s) : www.heise.de


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