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Klaus Wellershoff et Stefan Brupbacher sur l’Industrie Allemande – Actus

Deux experts s’accordent à dire que, malgré une forte dépendance économique, l’industrie suisse possède des atouts indéniables.

L’économie allemande connaît un ralentissement. En particulier, son industrie automobile est en pleine crise.

Pour la Suisse, cela représente un véritable défi : son industrie dépend fortement de la performance allemande, avec 23 % de ses exportations dirigées vers le pays voisin. Entre janvier et septembre 2024, ces exportations ont chuté de 8 %.

L’Allemagne en récession



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En Allemagne, l’économie se contracte depuis deux ans. Selon l’Office fédéral des statistiques, elle a chuté de 0,3 % en 2023 et de 0,2 % en 2024. Pour 2025, la Chambre de commerce et d’industrie allemande (DIHK) prévoit une troisième année de récession, alors que l’Office fédéral des statistiques s’attend à une légère croissance de 0,3 %.

La demande est faible et l’incertitude politique est grande, ce qui pousse de nombreuses entreprises à faire preuve de prudence en matière d’investissements.

Auparavant, l’économie allemande avait connu des décennies de croissance ininterrompue, culminant à plus de 8 % dans les années 1950, puis à 1,7 % dans les années 1990 et enfin 1,1 % dans les années 2010. Après la crise du Covid-19, l’Allemagne avait pu connaître une reprise temporaire.

« C’est un recul considérable », déclare Stefan Brupbacher, directeur de Swissmem. Les industriels suisses observent la situation en Allemagne « avec une grande inquiétude ».

Il lie cette crise allemande à un recours accru à l’activité réduite par de nombreuses entreprises suisses. Selon lui, cela est préoccupant : « Souvent, le recours à l’activité réduite est le signe avant-coureur d’une réduction d’effectifs lorsque la reprise ne se concrétise pas. »

Toutefois, il note que les entreprises suisses se sont montrées très flexibles, investissant dans de nouvelles technologies. Les résultats d’une étude réalisée par Swissmem montrent que « nos entreprises s’en sont mieux sorties que prévu il y a quatre ans. »

Stefan Brupbacher souligne une différence significative entre l’économie suisse et l’économie allemande. En Suisse, il existe un cadre historique : « Au lieu de hautes subventions pour des entreprises individuelles, qui sont souvent supprimées après trois ans, nous nous efforçons de créer de bonnes conditions pour toutes les entreprises. » Cette fiabilité est à considérer avec attention.

Une foule avec un panneau indiquant SOS.
Légende :

29 janvier 2025 : Lors de la « journée de la guerre économique », des entrepreneurs manifestent dans les rues de Berlin.


Imago

La situation est différente en Allemagne. L’économiste Klaus Wellershoff critique le gouvernement allemand, affirmant qu’il est parfois nécessaire de modifier les conditions-cadres, par exemple sur la question du climat.

Cependant, il indique que « la politique a également semé le trouble ». Ce qui a commencé comme une « coalition du progrès », s’est transformé en « coalition de l’immobilisme », car les lois promulgées étaient souvent mal conçues.

La flexibilité d’adaptation rapide n’est pas réellement présente.

Il souligne que non seulement le marché du travail suisse est flexible, mais que les institutions le sont également. « En Allemagne, toute entreprise de plus de 2000 employés doit avoir un conseil d’administration qui est divisé entre des représentants des syndicats et des travailleurs d’un côté et des représentants des investisseurs de l’autre. »

Ainsi, environ 20 % des voix de VW dans le capital sont détenues par l’État de Basse-Saxe. « Cela engendre des discussions complexes. La flexibilité d’adaptation rapide est alors absente. »

La flexibilité et la fiabilité profitent donc aux entreprises suisses en ces temps incertains. Selon ces deux économistes, le célèbre adage « Quand l’Allemagne tousse, la Suisse a la fièvre » n’est probablement plus d’actualité. Force est de constater que l’Allemagne est particulièrement touchée.

Pour en savoir plus, consultez « Eco Talk »



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Logo de l'émission « ECO Talk » avec le modérateur Reto Lipp.
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Reto Lipp dans le studio de « Eco Talk »

Pour approfondir ce sujet, rendez-vous ce soir à 22h25 sur SRF1 dans « Eco Talk ».

Points à retenir

  • La dépendance de l’économie suisse vis-à-vis de l’Allemagne demeure un enjeu majeur, notamment avec la baisse des exportations.
  • La flexibilité des entreprises suisses pourrait les aider à faire face à la crise actuelle, avec un accent sur l’innovation technologique.
  • La différence de régulation entre la Suisse et l’Allemagne souligne l’importance d’un cadre favorable aux affaires.

En somme, si la crise économique allemande a des répercussions sur la Suisse, la résilience de ses entreprises et leur capacité d’adaptation se révèlent cruciales. Cela ouvre la voie à une réflexion sur les modèles économiques en Europe et sur l’importance des contextes locaux dans la gestion des défis globaux.



  • Source image(s) : www.srf.ch

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