Première de la «Gräfin Mariza» : Enthousiasme pour le charme multiséculaire de l’opérette
Un tonnerre d’applaudissements pour la scène : Le Théâtre Arth associe l’opérette classique d’Emmerich Kálmán à des technologies contemporaines.
La fermeture liée à la pandémie a permis au Théâtre Arth d’effectuer d’importants travaux de rénovation. Un budget de 30 000 francs a été investi, notamment dans l’amélioration des équipements techniques et d’un nouveau système de projection. Cette décision s’avère être un investissement significatif pour l’avenir.
Un couple d’amoureux hors du commun : Mélanie Adami en tant que Comtesse et Simon Witzig dans le rôle du gérant du domaine dans une forêt enchantée.
Dès les premières productions, les projections jouent un rôle prépondérant. Lors de la première de «Gräfin Mariza», présentée samedi, le public a été surpris par les résultats. En effet, cette technologie, qui ne sert pas seulement à afficher des images électroniques, a permis de créer un fond scénique, représentant un domaine hongrois, qui semble tout droit sorti d’un tableau.
Des innovations à l’image des nouvelles salles multimédias
Cette fois-ci, les projections nets de Michaela Dettinger et Andreas Weber s’intègrent dans un décor qui prend possession de la totalité de l’espace scénique, semblant appel aux hologrammes. Si l’on associe encore les landoperettes à une esthétique de velours et de perruques, cette «Gräfin Mariza» mise en scène par Elja-Duša Kedveš offre une perspective moderne tout aussi innovante que les productions antérieures présentées dans les salles multimédias du Moderne-Karussell et au Kammermusiksaal de Vitznau.
Dans la première scène, des flocons de neige projetés délicatement sur des escaliers et des murs créent l’illusion d’une tempête de neige apaisante. À l’arrivée du printemps, un véritable jardin de crocus envahit la scène. Le clou du spectacle se trouve après la pause : la forêt, où les effets visuels sont si élaborés qu’ils pénètrent dans la profondeur du regard des spectateurs. De plus, les figurants sont si bien intégrés au décor forestier que les frontières entre illusion et réalité deviennent floues. Cette performance a suscité un enthousiasme spontané du public qui a applaudi la mise en scène de Claudia Tolusso, qui tient un rôle clé ce soir-là.
Des danseuses comme décor vivant : ballet des flocons de neige sur la cour enneigée du domaine.
À aucun moment les effets visuels ne semblent superflus. Au contraire, la mise en scène réussit à les intégrer harmonieusement dans cette traditionnelle histoire d’opérette, maintenant un rythme continu. La magie de la nature, inspirée par la voyante du récit, devient un fil conducteur tout au long de la soirée. L’arrivée imprévue de la Comtesse Mariza apporte un vent de turbulences à la vie tranquille du domaine. Pour échapper à ses prétendants, elle annonce ses fiançailles avec un prétendu fiancé par voie de presse. Ce dernier, incarné par l’acteur Zupan, se révèle être bien réel, provoquant panique et émoi chez les autres prétendants. Les complications amoureuses s’accumulent, entre l’amour naissant de la Comtesse pour le gérant et les sentiments du prétendu fiancé pour la sœur de ce dernier, avant que tout ne s’assemble harmonieusement.
Professionnalisme et émotion dans le Czardas
La distribution démontre le niveau professionnel élevé auquel se trouvent aujourd’hui les landoperettes, avec une mise en scène qui modernise le personnage de chaque protagoniste. Cela est d’autant plus vrai pour les figures féminines. Mélanie Adami, avec ses costumes éclatants signés Ruth Mächler, incarne une Comtesse tout droit sortie d’un conte, dominant l’espace avec un caractère affirmé et un sopran rayonnant, surpassant les hommes de son entourage.
Jonathan Prelicz, interprète du personnage de Zupan, parvient à captiver le public grâce à son talent comique teinté d’un charme hongrois. Simon Witzig confère à son personnage, le gérant, une autorité vocale avec son ténor puissant, tout en demeurant un peu fade en tant qu’amoureux, comme le souligne la Comtesse dans une repartie spirituelle.
Quant à Andreas Büchler dans le rôle du prétendant de Mariza et Markus Meier en tant que secrétaire, ils apportent avec leurs personnages une touche comique, qui est modernisée par des références à des figures contemporaines telles que Benko, Taylor Swift ou Abu Dhabi. Madeleine Merz, dans le rôle de la voyante, se distingue par une voix suggestive qui confère profondeur à son personnage.
Le Czardas, entre feu et mélancolie, est magnifiquement interprété par le violoniste Gabriel M. Martinez et l’orchestre dirigé par Beat Blättler, qui s’illustre également dans des valses enlevées. Le chœur aux multiples interventions effectives, associé à la troupe de ballet, participe également d’une manière centrale. Les jeunes danseurs renforcent non seulement l’éclat des festivités, mais agissent aussi en tant qu’éléments vivants du décor. Ensemble, avec les projections féeriques, cela constitue un véritable chef-d’œuvre artistique.
«Gräfin Mariza» : Représentations jusqu’au 22 mars (19h30, dimanches 14h30); www.theaterart.ch
Points à retenir
- Le Théâtre Arth mise sur une combinaison entre technologies modernes et l’art traditionnel de l’opérette.
- Les projections jouent un rôle essentiel dans la création d’ambiances immersives sur scène, apportant une nouvelle dimension à des récits classiques.
- Les personnages féminins sont spécifiques et modernes dans leur interprétation, offrant un renouveau dans le genre de l’opérette.
La montée en puissance des technologies dans le milieu artistique questionne notre conception des performances traditionnelles. Pourraient-elles redéfinir l’expérience scénique d’une manière encore inexplorée ? Il est intéressant d’observer comment cette tendance évoluera et influencera la réception et l’appréciation des œuvres à l’avenir.
- Source image(s) : www.luzernerzeitung.ch


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